Triple précarité au Ministère de la Culture

Voici le texte sur la précarité au ministère de la Culture, faite lors de la « Conférence vraiment sociale » du 7 juillet dernier.

Voici le texte sur la précarité au ministère de la Culture, faite lors de la « Conférence vraiment sociale » du 7 juillet dernier.

Le ministère de la Culture est un petit ministère qui compte 23 000 agents. Parmi ceux-ci/celles-ci, près de 8 000 sont des contractuel-les, qui n’ont donc pas le même statut professionnel que les agents fonctionnaires.
Près de la moitié de ces contractuel-les, soit près de 4 000 agents, sont des précaires, qui subissent en fait une triple précarité [lire la suite dans le fichier lié].

Décryptage de l’accord Unedic du 22 mars 2014

2014 07 decryptage accord du 22 mars 10 juin 14L’analyse fouillée de la nouvelle réglementation révèle qu’elle touchera tous les chômeurs.
Le croisement des différentes règles qu’elle instaure est une machine infernale d’exclusion et de fragilisation, qui poussera chacun à accepter de travailler dans la plus grande précarité, en acceptant tous les petits boulots qui se présenteront.

 Pour mémoire, 9 millions de personnes vivent en dessous du seuil de pauvreté en France.
Le développement d’une main d’oeuvre malléable découle des options politiques et économiques du gouvernement et des partenaires sociaux signataires.
L’opacité, l’obscurité, la complexité de ce texte, à l’inverse de la prétendue simplification annoncée, obligera le chômeur à se transformer en expert de sa propre situation. En face, les agents pôle emploi surchaufferont par la multiplication des dossiers générant des blocages, des indus et des failles
d’interprétation.

 Comme précédemment en Allemagne, en Grèce, en Espagne, en Italie, nous assistons au processus
européen de démantèlement de l’assurance chômage…

Lisez le Décryptage de l’accord Unedic du 22 mars 2014 en pièce jointe.

Parce que le festival Off d’Avignon est aussi le nôtre !

Nous sommes artistes, techniciens, intermittents du spectacle et compagnies, inscrits cette année dans un des lieux du Off.

Réunis en collectif, nous parlons, imaginons, réfléchissons à des moyens de nous mobiliser, ensemble, contre l’accord du 22 mars 2014, agréé le 26 juin dernier.

Parce qu’il est la suite logique de la réforme de 2003 contre laquelle nous nous battons, Parce que l’accord dans son ensemble, bien au-delà des seules annexes 8 et 10, touche les plus précaires, à l’heure où 6 chômeurs sur 10 ne sont pas indemnisés, Nous vous proposons de nous rejoindre, dès maintenant, et tout au long du festival, pour imaginer,
parler, agir ensemble pour son abrogation.

Chacun, chaque compagnie, chaque lieu pourra, bien sûr, décider de ses propres modalités d’action.

Un vote concernant la grève (sous toutes ses formes, reconductible, perlée..) peut notamment être organisé au sein de chaque compagnie qui le souhaite.

Un soutien financier au mouvement peut également être décidé, en versant cachets, recettes, prix de cession des spectacles, aux caisses de soutien ou de grève, de la coordination de son choix (voir leurs coordonnées en bas de page).

Il est important de nous réunir autour de propositions communes, et de nous donner dès maintenant des rendez-vous collectifs

Ce vendredi 4, jour de grève nationale, nous proposons :

  • de fermer nos générales (pas de public, ni de presse),
  • de profiter de l’espace de communication qui nous est dédié dans nos théâtres, pour informer sur nos réalités. Cette année, il est important que nous communiquions sur ce que coûte le Off aux compagnies ! Durant toute la durée du festival, affichons le montant de la location de nos salles et un texte intox/ désintox sur les annexes 8 et 10 et sur la convention chômage dans son entier (cijoint, le tract pouvant aussi être distribué aux publics). Mettons en place une caisse de soutien aux
    intermittents et précaires, de façon visible dans nos lieux.
  • À 15h : Départ devant la préfecture d’Avignon manifestation unitaire qui rejoindra la parade
    militante.
  • À 17h : Départ Place de l’horloge – Parade militante, autrement dit, manifestation du off !
  • Lundi 7 juillet : Journée de grève dans le Off, en écho à la « Grande conférence sociale »

Nous pensons qu’il est primordial de répondre massivement à cet appel à une grande journée de mobilisation du Off. Faire grève le 7 juillet, en ce début de festival (puisque le festival Off ne sera pas commencé le 4 juillet), nous semble être un geste fort de soutien à tous ceux qui ont pris le risque, moral et financier, d’annuler leur spectacle avant nous (27 jours de grève au Printemps des comédiens !). Cette journée nous donnera le temps d’aller rencontrer d’autres personnes touchées
par cet accord (intérimaires, employés précaires, chômeurs). Elle nous permettra aussi d’organiser un débat, sur le fonctionnement du Off d’Avignon (laboratoire idéal de l’ultralibéralisme ambiant).

Tout le long du festival, tenez-vous informés des actions proposées par les coordinations,
les équipes du Off et du In, et n’hésitez pas à proposer des idées d’actions.

La coordination d’Avignon dispose d’un lieu dédié sur toute la durée du festival.

Maison Manon

 12 rue des Carmes

 84045 AVIGNON

Ce sera notre point de rendez-vous à partir de 9h tous les jours, l’endroit où les compagnies pourront trouver des tracts, badges, autocollants… L’endroit où nous pourrons nous accorder, nous coordonner et nous informer sur un agenda commun.

La CIP-IDF y propose des autocollants « Pas d’accord » (9 cm de diamètre, noir et blanc), que chacun pourra coller sur ses affiches et qui donneront de la lisibilité à la mobilisation. Sur demande, nous pouvons vous fournir la maquette, pour que vous en fassiez imprimer.

Nous pensons demander un soutien concret aux lieux, aux pros, aux sociétés civiles. Nous proposons de le faire au nom du collectif, et nous demanderons également à l’association Avignon Festival & Compagnies (le Off) de transmettre ces demandes via leurs fichiers (une fois encore,
cette association n’existe que grâce à nous !).

Vous trouverez, sur le site Cip-idf, la valise de l’été, qui contient un décryptage de l’accord du 22 mars, un appel à la grève, des textes d’information pour les équipes et les publics, une lettre adressée aux députés, un appel à dons pour les caisses de soutien ou de grève et d’autres outils qui aideront à organiser les actions à mener sur place.

Merci de nous faire un retour sur toutes ces propositions à l’adresse :
on.va.pas.la.boucler@gmail.com

Ensemble, nous sommes plus visibles et plus forts !

Le collectif Avignon Off de la Cip-Idf


Pour les caisses de solidarité

En Ile de France, merci d’envoyer un chèque à :

 CIP- IDF / Coordination des Intermittents et Précaires d’Ile de France

 3 rue d’Aligre

 75012 Paris

 en spécifiant au dos du chèque rédigé à l’ordre de l’AIP-IdF :

 « Caisse de grève » pour soutenir les grévistes, ou « Soutien à la lutte » pour aider la coordination IdF.

CAISSE DE SOUTIEN AUX GRÉVISTES DU MOUVEMENT UNITAIRE LR

 Merci d’envoyer vos dons à : URF CGT LR C & C

 Union Départementale CGT

 Maison des Syndicats

 474 Allée Henry II de Montmorency

 34000 Montpellier

Pour Avignon, merci d’envoyer un chèque à :

 AIP-PACA c/o M. Chenevier

 18 rue du Chapeau Rouge

 84000 Avignon

 en spécifiant au dos du chèque rédigé à l’ordre de l’AIP-PACA :

 « Caisse de grève » pour soutenir les grévistes, ou « Soutien à la lutte » pour aider la coordination PACA

Communiqués de la Coordination Nationale des chômeurs, précaires, intermittents, intérimaires

Nous, Coordination Nationale des chômeurs, chômeuses, précaires,
intermittent, intermittentes, intérimaires, réunis ces 2 et 3 juillet 2014 en
Avignon, exigeons l’abrogation de la convention anti-chômeurs, agréée le 26 juin par le gouvernement, mise en application depuis le 1er juillet…

Lisez ci-dessous les communiqués des 2 et 3 juillet.

Des collectifs et organisations s’apprêtent à déposer un référé au Conseil d’État concernant la nouvelle convention d’Assurance chômage.

SUR la base des conclusions du Défenseur des droits qui a établi la discrimination fondée sur l’état de grossesse des intermittentes du spectacle dans la réouverture de droits aux indemnités journalières de l’Assurance chômage.

 SUR l’aspect discriminatoire par la convention d’Assurance chômage décrit ci-dessus, étendu à toutes les femmes en emploi discontinu.

 SUR l’aspect discriminatoire la convention d’Assurance chômage, au regard de tous les salariés en travail discontinu, en situation de congé maladie.

 SUR l’inégalité de traitement à l’égard de tou.te.s salarié.e.s en emploi discontinu, puisque cette convention, telle que rédigée, vise à obtenir une main d’oeuvre flexible en réduisant l’accès de tous à la protection sociale.

 SUR l’inégalité de traitement au regard de tous les salarié.e.s privés d’emploi puisque cette convention réalise des économies directement sur le dos des chômeurs et détruit des droits acquis par les salarié.e.s.

Le Défenseur des droits, la Cour des comptes, le HCEhf, le HCSP, tous les rapports convergent vers un état des lieux catastrophique :

Discrimination avérée depuis 2012, établie par le Défenseur des droits, fondée sur l’état de grossesse et reconduite dans la nouvelle convention, en toute connaissance de cause de l’Unédic.

• Le HCEhf (Haut Conseil de l’Égalité hommes femmes) n’a pas été entendu : Malgré sa mise en garde auprès du gouvernement sur le caractère discriminatoire de la convention et de l’action en justice qui va être menée, celui-ci a décidé d’agréer l’accord.

• En vertu des droits des assurés, de l’égalité de ces droits, et d’une manière plus large du simple respect de la loi, sans même dénoncer ce que d’aucuns appelleraient une parfaite hypocrisie législative, le HCSP (Haut Conseil de la Santé Publique) considère que « l’on jugera injustes les inégalités qui résultent de circonstances indépendantes de la responsabilité des personnes ».

Les termes de cette convention n’ont pas été précisément étudiés avant qu’elle ne soit signée !
Le ministre du Travail a décidé de l’agréer malgré les nombreuses alertes envoyées – on pointera notamment celles de l’intersyndicale du ministère du Travail et du Syndicats des Avocats de France.

Les discriminations au regard des congés maladie et maternité pour les salarié.e.s en emploi discontinu peuvent être dores et déjà dénoncées car elles existaient dans la précédente convention et n’ont pas été corrigées.

D’autres entorses au droit des salariés sont aujourd’hui relevées, de nouveaux points contestables que nous allons réunir pour les dénoncer conjointement dans le cadre de cette saisie du Conseil d’Etat.

 Le travail des collectifs, associations et syndicats est en cours.

Parallèlement, la CGT dépose un recours administratif concernant la déloyauté des négociations.

Parallèlement, les grèves et actions continuent pour réclamer l’abrogation de cette convention.

Premières organisations signataires : Collectif Matermittentes, Coordination des Intermittents et des Précaires IdF, Recours Radiation, Sud Culture Solidaires, Sud Spectacle.

Contact presse pour Sud Culture Solidaires : Caroline Sart : 06.69.58.82.77