Précarité à la BnF : La direction doit prendre ses responsabilités !

La BnF emploie depuis des années des agent-e-s non titulaires à temps incomplet sur des besoins permanents pour assurer le bon fonctionnement de son service public, par exemple le soir et le weekend. Ces agent-e-s qui accueillent les publics aux Vestiaires, en banques de salles, en pieds de tours, qui travaillent dans les magasins, à la numérisation ou au transfert des collections sont embauché-e-s en CDD. Ces contrats vont de quelques mois à 3 ans à l’issue desquels ils et elles accèdent au CDI – acquis hérité d’une lutte précédente – sans pour autant voir augmenter leur quotité horaire. Ces embauches se font en moyenne sur une base de 80h par mois, ce qui correspond à des salaires très bas : moins de 700 euros mensuels.

Lisez la suite en cliquant sur le document joint ci-dessous.

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Gestion du temps de travail des « vacataires » : une première victoire sur le travail en local aveugle !

En mai dernier, plusieurs « vacataires » de la BnF ont entrepris avec le soutien de la section SUD Culture de lancer une pétition dénonçant la politique du « deux poids, deux mesures » de la direction de la BnF dans le calcul de leur temps de travail. Cette pétition a pu réunir la signature de 125 agent-e-s représentant la large majorité des « vacataires » travaillant sur des postes d’accueil, surveillance et magasinage…

Lisez la suite de ce tract ci-dessous.

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La Culture avant tout

Le projet du président de la République d’ouverture 7 jours sur 7 du château de Versailles et des musées du Louvre et d’Orsay a provoqué une levée de boucliers de l’ensemble des personnels des établissements concernés. La mobilisation des personnels a, dans un premier temps, obligé le ministère à revoir sa copie en réservant cette ouverture supplémentaire à des publics dits « empêchés » et des groupes scolaires. Cette mesure aurait pu convenir aux agents si les conditions d’accueil des publics étaient convenables 6 jours sur 7. Ceci est loin d’être le cas. S’ajoutent la dégradation des conditions de travail, les infrastructures vétustes, un certain public de plus en plus irrespectueux, etc., qui ont fini d’exaspérer l’ensemble des agents. A la demande des personnels d’accueil et de surveillance SUD Culture Solidaires a déposé un préavis de grève reconductible à compter du vendredi 9 octobre 2015.

Ce jour-là, le château de Versailles a été fermé et l’ouverture des salles du musée du Louvre a été fortement perturbée. Une délégation d’agents accompagnée de représentants de Sud Culture Solidaires a exposé au cabinet de la Ministre de la Culture les revendications des personnels inscrites dans le préavis de grève.

Le samedi 10 octobre, au Château de Versailles, après une première discussion avec l’administration et dans l’attente de négociations au ministère de la Culture les agents ont suspendu leur mouvement mais restent très mobilisés.
Au Louvre, ce même jour, la grève a été reconduite massivement. De nombreuses salles n’ont ainsi pas pu être ouvertes au public.

L’ensemble des personnels grévistes s’est rendu devant la pyramide où des prises de paroles à l’intention des visiteurs (concernant les infrastructures défaillantes et les conditions de visite dégradées : « Vos conditions de visite sont nos conditions de travail ») ont eu lieu dans une dizaine de langues différentes. S’il n’est plus nécessaire de le démontrer, nous avons pu constater une fois encore la diversité des richesses des agents d’accueil et de surveillance et leur volonté d’être reconnus et respectés pour leurs compétences.

Le dimanche 11 octobre, dans l’optique de la construction d’un rapport de force étendu, l’assemblée générale du musée du Louvre a adopté une suspension de la grève. L’ensemble des agents reste fortement mobilisé et attend sous 2 mois des réponses concrètes aux revendications portées. A défaut, un préavis de grève sera à nouveau déposé au mois de décembre. Il est donc urgent pour le ministère et les directions des établissements concernés de se positionner sur les revendications des agents.

Le lundi 12 octobre l’annonce pour le Louvre d’une ouverture de la Petite Galerie uniquement à compter de janvier 2016 est un premier pas dans le bon sens. Ce ne sera pas un pied glissé dans la porte. L’ouverture 7/7 c’est toujours non.
Nos camarades de la CGT ont publié ce même jour un tract concernant la surfréquentation de nos établissements et les conditions de travail induites. Cela laisse penser qu’une intersyndicale sur les revendications des agents de la filière ASM, qui n’a pas été possible dans un premier temps, est aujourd’hui envisageable.

Ces revendications sont toujours les mêmes :

  • Le retrait du 7/7
  • L’amélioration significative des conditions de travail et la fin du sous effectif
  • La revalorisation de carrière (révision du décret de corps des TSC, requalification des postes de C en B, augmentation du taux promus/promouvables…)
  • La revalorisation des rémunérations (Primes dominicales, IAT)

Sud Culture Solidaires travaille actuellement au chiffrage des nécessaires revalorisations des primes (dominicales, IAT/IFTS) et heures mécénats.

La mobilisation est là.
Elle ne retombera pas.

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Déclaration SUD Culture Solidaires – Comité technique Ministériel 13 octobre 2015

Madame la ministre de la culture et de la communication,

Vous avez pu constater que, depuis quelques semaines, la tension monte au sein de la société française et de notre ministère.

Il n’est pas pour nous question ici de délivrer une longue analyse politique de la situation, mais, travailleurs et travailleuses, nous n’en sommes pas moins des citoyen-nes.

Dans ce contexte funeste, c’est donc avec attention que nous avons accueilli la demande des collègues du Louvre de réagir en déposant un préavis de grève pour leur permettre d’exprimer leur ras le bol. Car c’est ainsi : le vrai pouvoir des salarié/es c’est de cesser de travailler car, à la différence des patrons, ils et elles produisent !

En ce sens, nous ne pouvons que remercier le Président de la République et ses brillants conseillers d’avoir annoncé l’ouverture 7 jours sur 7 des musées, faisant ainsi déborder le vase !

Alors même que le ministère de la Culture donnait les signes d’un changement de politique – moins axée sur la compétition de « l’offre culturelle », sur le tout tourisme, le tout économique qui réduisent les usager-es de la culture à des consommateurs/trices– en redonnant aux agents leur place d’acteurs et d’actrices, l’annonce du président de la République n’a pu qu’être comprise comme une négation de cet infléchissement.

Et même si le ministère de la Culture semble vouloir faire évoluer sa politique, cela arrive trop tard. Le temps de la sidération est passé, trop de coups ont été encaissés ces dernières années.

Des DRAC désarticulées, une politique immobilière faisant fi des conditions de travail des agents, un patrimoine fragilisé par une sur-fréquentation destructrice, par la concurrence acharnée entre opérateurs de l’archéologie préventive, le mot culture vidé de son sens, des métiers et missions dévalorisés et malmenés par un gouvernement multipliant les réformes de la fonction publique de tout type et les destructions d’emplois…

Stop ! Nous n’acceptons plus cette politique de la déstabilisation permanente par des réorganisations incessantes et le toujours moins pour le lendemain.

Puisque l’agenda social de ce ministère est à l’ordre du jour de ce CTM, nous vous demandons de le revoir !

A force de ne répondre qu’aux commandes de la Fonction Publique en ce qui concerne nos carrières, à focaliser les énergies sur les corps et les fonctions interministérielles, nos corps spécifiques dit « culture » sont délaissés.

Les corps de la recherche, de l’enseignement culture et du patrimoine doivent redevenir des priorités dans l’agenda social. Oui, l’administration de la culture a des spécificités.

Il est temps d’arrêter le massacre consistant à vouloir nous faire entrer dans le moule d’une fonction publique uniformisée voulant faire de nous des agents polyvalents et interchangeables.

Dans ces conditions, le passage dans un nouveau cadre indemnitaire – le RIFSEEP – à euro constant avec une part de modulation individuelle toujours plus importante, nous fait craindre le pire. Ce système nie l’aspect collectif de notre travail, tant dans les conditions d’exécution que dans les interactions au sein d’un service et entre services. La reconnaissance indemnitaire ne profitera qu’à une minorité et ce qui sera donné à l’un sera pris à l’autre ! Une fois encore, les femmes vont être les premières discriminées, l’individualisation du régime indemnitaire, par principe inégalitaire, leur étant généralement défavorable !

Mais là encore, le gouvernement qui s’était pourtant distingué avec la création d’un Ministère du droits des Femmes, devenu depuis un secrétariat, fait machine arrière en attaquant l’égalité professionnelle. Les moyens permettant de la faire avancer sont réduits à portion congrue, notamment les outils permettant d’objectiver les discriminations, comme par exemple le RSC (Rapport de situation comparée) qui a été supprimé dans le privé. Comme prévu dans le protocole d’accord « Egalite professionnelle dans la fonction publique » toujours d’actualité, signé une fois n’est pas coutume par Solidaires, comme par l’ensemble des organisations syndicales siégeant au CTM, nous espérons bien qu’un RSC nous sera présenté lors du CTM « Égalité Professionnelle ».

Enfin que penser de la mise en oeuvre du protocole d’accord dit PPCR, soumis à la signature des organisations syndicales de la fonction publique (Etat, territoriale et hospitalière), majoritairement rejeté par celles-ci et que le gouvernement présente comme majoritaire dans la fonction publique d’Etat pour l’imposer sans renégociation possible ? Selon cette nouvelle règle de démocratie sociale à périmètre variable, le ministère de la culture devrait le renégocier car, de fait, les organisations syndicales non signataires y sont majoritaires et représentent 59,6 % du périmètre de ce CTM !

Pour SUD Culture Solidaires, nous entendons le message des collègues qui nous disent, qui VOUS disent : on ne peut plus continuer comme cela, nous ne continuerons pas comme cela !

Il semble que les luttes sociales vont s’étendre !

Et le gouvernement ne les réduira pas à une simple affaire de chemise !

Le 13 octobre 2015
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Compte-rendu de l’assemblée générale du musée du Louvre du dimanche 11 octobre

Le projet du président de la République d’ouverture 7 jours sur 7 du château de Versailles et des musées du Louvre et d’Orsay a provoqué une levée de boucliers de l’ensemble des personnels des établissements concernés. La mobilisation des personnels a obligé le ministère à revoir sa copie en réservant cette ouverture supplémentaire à des publics dits « empêchés » et des groupes scolaires. Cette mesure aurait pu convenir aux agents si les conditions d’accueil des publics étaient convenables 6 jours sur 7. Ceci est loin d’être le cas. S’ajoutent la dégradation des conditions de travail, les infrastructures vétustes, un certain public de plus en plus irrespectueux, etc., qui ont fini d’exaspérer l’ensemble des agents. A la demande des personnels d’accueil et de surveillance SUD Culture Solidaires a déposé un préavis de grève reconductible à compter du vendredi 9 octobre 2015.

Après 4 jours de mobilisation, l’Assemblée générale réunie ce dimanche 11 octobre au musée du Louvre a adopté à 90 % une suspension de la grève dans l’optique de la construction d’un rapport de force étendu. L’ensemble des agents reste mobilisé et attend sous 2 mois des réponses concrètes aux revendications portées. A défaut, un préavis de grève sera à nouveau déposé au mois de décembre. Il est donc urgent pour le ministère et la direction du Louvre de se positionner sur :

 Le retrait du 7/7 ;

 Les conditions de travail et le sous effectif ;

 La revalorisation de carrière (révision du décret de corps des TSC, requalification des postes de C en B, augmentation du taux promus/promouvables…) ;

 La revalorisation des rémunérations (Primes dominicales, IAT).

SUD Culture Solidaires – 12 octobre 2015

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