Pour un débat ouvert, démocratique, multiple et fructueux sur les conditions d’application de la réforme du statut d’enseignant-chercheur dans les établissements d’enseignement supérieur de l’architecture

Compte-rendu de réunion au Ministère de la Culture : groupe de travail administration centrale +Organisations Syndicales +directeurs des ENSA +enseignants membres du comité d’experts – 10 janvier 2018

A l’initiative de l’administration du ministère, un groupe de travail a été constitué pour suivre la mise en œuvre des textes de la réformant en profondeur les ENSA : gouvernance et statut des enseignants chercheurs. Cette consultation aboutira à l’élaboration de textes réglementaires (arrêtés…) qui viendront préciser les décrets et à établir le « doctrine » c’est-à-dire l’esprit de la loi.

Trois camarades de SUD-Culture étaient présents de 10h à 18h, il s’agit de Marianne Veillerot, Patrick Bottier et Nabil Beyhum. Pour la CGT étaient présents Dominique Dehais, Olivier Gahinet et Jac Fol, pour la CFDT, Michèle Ducret.

Ont été excusés les représentants du collège des directeurs des ENSA.

Autres présents à la réunion, les membres du Comité d’experts auprès du ministère, Claire Parin, présidente, Catherine Grout, Jean Lucien Bonillo, Nicolas Pauli, Francis Nordemann.

5 documents ont été présentés par Mme Agnès Vince, directrice de l’architecture entourée de Christian-Lucien Martin, Philippe Grandvoinnet, Nathalie Jacob, Romain Guisti, Stéphanie Ricatti et Kevin Thiery.

Il s’agit :

• Du calendrier de mise en œuvre de la réforme déjà présenté à une précédente séance du CT des ENSA ;

• Du document numéroté 2.2 et intitulé projet d’arrêté fixant la liste des corps de fonctionnaires assimilés aux maîtres de conférences et aux professeurs ;

• Du document 2.3, intitulé Projet d’arrêté relatif à la procédure d’inscription sur les listes de qualification aux fonctions de maître de conférences;

• Du document 3.1, Arrêté relatif à la composition, à l’organisation et au fonctionnement du Conseil National des enseignants-chercheurs des ENSA (comportant un tableau de répartition par disciplines et grades)

• Du document 3.2, Projet relatif à l’élection des membres titulaires et suppléants du Conseil National des Enseignants-chercheurs des ENSA comportant en Annexe un calendrier pour un scrutin en mai-juin 2018.

L’essentiel des discussions a porté sur l’imminence de la constitution du Conseil national des enseignants chercheurs des écoles d’architecture CNECEA, urgence dictée pour respecter ce calendrier électoral. « Le CNECEA est l’instance nationale représentative de la communauté pluridisciplinaire des enseignants-chercheurs des ENSA ». Il est composé de 36 représentants dont 12 nommés par le ministère, et d’autant de suppléants, pour représenter les professeurs et les maîtres de conférences des ENSA. Les missions énoncées sont celles classiques d’une CAP : examen des dossiers d’avancement, congés d’étude et de recherche… Il a un rôle central dans le processus de recrutement des enseignants titulaires : établissement des listes de qualification, doctrine et conseil pour la constitution des comités de sélection locaux. C’est lui qui définira les critères de décharge recherche que chaque ENSA appliquera et déclinera dans son instance académique. Les élections doivent se dérouler au plus tôt pour assurer, entre autres, la gestion des nouvelles candidatures d’enseignants-chercheurs des ENSA qui a été stoppée cette année. Le scrutin devrait se faire sur base de listes et à la proportionnelle.

Les représentants des comités d’experts ont exprimé le souci d’une représentation disciplinaire bien définie, les représentants de l’administration ont présenté différents scénarios formels d’organisation des élections de façon à distinguer le vote et son résultat. Les trois organisations syndicales ont souligné la difficulté, voire l’impossibilité, d’organiser un vote fractionné par disciplines et par grades (six disciplines TPCAU, HCA, STA, ATR, VT, SHS et deux grades professeur et maître de conférence), mais aussi sa non-représentativité des intérêts généraux et la dispersion de la légitimité des votes pour un nombre trop restreint de votants.

Pour sa part SUD-Culture Solidaires a exprimé une position ferme rejetant la multiplication des urnes à l’infini tout en demandant que l’équilibre entre disciplines soit maîtrisé à la sortie.

La position de notre syndicat se décompose en deux parties :

• demander que le résultat à la sortie tienne compte d’une répartition précise, équilibrée, juste, équitable entre disciplines et grades, les nominations du ministère se justifieraient comme compensatoires si un déficit se manifestait,

• demander que le corps électoral soit maintenu unifié, que l’expression des votes se fasse dans la même urne (une par grade).

Nous posons la question de savoir si un trop grand effritement des votes est nécessaire, possible (dans le sens de réalisable), démocratique, s’il ne dénature pas la notion de proportionnelle et ne nous fait pas revenir à une élection à la majorité, mais surtout s’il n’est pas antinomique avec la question même de la recherche qui se doit d’être, surtout en architecture, multidisciplinaire ? Effriter le corps électoral par une politique de votes par collèges ne plonge-t-il pas les enseignants chercheurs dans un environnement de réflexion où seule la discipline est un horizon et l’interdisciplinarité oubliée ? La recherche ne se constitue-t-elle pas à la marge des disciplines, ne reproduisant pas le passé disciplinaire mais inventant des lieux nouveaux où se dessinent des avenirs ? Comment associer pratique et réflexion critique si nous les séparons dans l’expression politique, faut-il continuer de penser la recherche hors-sol ? Nous pensons qu’il est tout à fait possible de bien représenter les intérêts et la représentativité des disciplines, l’équilibre entre elles, tout en conservant un vote unifié en UN SEUL COLLEGE.

SUD-Cultures Solidaires appelle à ce que soient ouverts des lieux de discussion démocratiques dans les écoles sur l’application de la réforme et ses contenus. Il ne s’agit pas seulement d’informer sur les contenus et leurs conséquences, mais d’associer, maintenant que l’on vient aux applications, les principaux concernés aux débats, ce qui n’a pas été fait jusqu’ici. Il faut que chaque école, chaque instance, chaque enseignant s’empare du projet de réforme et explique sa conception de son application.

L’association de la pratique professionnelle et de la recherche n’est pas une tâche simple, mais n’est-elle pas assez noble pour que les opinions s’expriment et discutent ?

IL FAUT OUVRIR LE DEBAT !

SUD-Culture Solidaires a rappelé à maintes reprises que la mise en application de la réforme ne saurait se faire sans moyens accrus, le bouleversement attendu est d’une telle ampleur que se contenter d’une réflexion sur le côté juridique de la réforme sans engagement des moyens nécessaires est surprenant de la part d’une administration qui devrait mieux mesurer les conséquences qui commencent à poindre. Elle ne peut non plus se faire sans une redéfinition des missions du Bureau de la Recherche Architecturale, Urbaine et Paysagère, d’un élargissement de ses compétences, d’une meilleure précision de la qualification de ses missions, de la convocation d’assises sur la recherche en architecture, de recréation de comités consultatifs chargés d’épauler le BRAUP.

SUD-Culture Solidaires appelle nos collègues à exprimer par retour de courrier les réflexions, recommandations, points de vue de nos collègues, pour que s’instaure enfin un débat de fond sur une réforme qui engage le devenir de nos écoles.

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Surprime de fin d’année : défendons une répartition socialement juste | 700 euros pour toutes et tous les éligibles

Pour rappel, les organisations syndicales CGT BnF, FSU et Sud Culture condamnent les choix de la direction qui, en attribuant un complément de 700 euros aux seul-le-s titulaires de catégories A, remet en cause le caractère social du dispositif de la prime de fin d’année.

Cette prime est le fruit de plusieurs années de lutte suite à une tentative de suppression par la direction en 2010. La mobilisation des personnels avait alors permis de sauvegarder la prime et de pérenniser le dispositif qui est aujourd’hui de 400€ brut pour les catégories C, 325€ pour les B et 145€ pour les A, en y incluant l’ensemble des contractuel-le-s à temps incomplet et les contractuel-le-s de catégorie C.

Le dispositif 2017 de prime de fin d’année est complété par le CIA complément indemnitaire annuel), nouveauté mise en œuvre avec le RIFSEEP.

 Totalement inégalitaire (700 euros pour les A, 330 euros pour les autres titulaires, rien pour les contractuel-le-s éligibles à la prime BnF), son montant a été dissimulé aux organisations syndicales lors de la présentation du dispositif de fin d’année. La direction, qui a la main sur les primes, aurait pu évidemment opter pour d’autres choix.

 Cette différence de plusieurs centaines d’euros entre catégories est injuste et irrespectueuse de l’engagement de l’ensemble des personnels à faire fonctionner la BnF. Ces montants divisent les personnels et instaurent une hiérarchie entre les catégories. Ils ne sont pas acceptables.

Suite au boycott du Comité technique du 15 décembre par les organisations syndicales pour dénoncer le dispositif 2017 de prime de fin d’année et le manque de dialogue social à ce sujet, une rencontre avec la direction s’est tenue le 22 décembre.

Afin de faire le point sur les échanges avec la direction et d’envisager les suites à donner, les organisations syndicales CGT BnF, FSU et Sud Culture organisent une Assemblée générale des personnels.

ASSEMBLEE GENERALE DES PERSONNELS
SUR LES PRIMES DE FIN D’ANNEE
Mardi 9 janvier 2018 à 12h45, hall Ouest

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Surprime de fin d’année, la direction doit revoir sa copie !

Les personnels de la BnF réunis en assemblée générale le 9 janvier 2018 ont voté la déclaration suivante :

« Nous, personnels de la BnF, nous opposons à l’application du Complément Indemnitaire Annuel (CIA) tel qu’il a été mis en place pour l’année 2017, à savoir une surprime de 700 euros aux seuls titulaires de catégorie A et 330 euros pour les autres titulaires, en excluant les contractuel-le-s qui touchent la prime de fin d’année BnF.

Nous condamnons les choix injustes de la direction qui divisent et hiérarchisent les personnels selon leurs catégories alors que l’ensemble des personnels participe au bon fonctionnement de l’établissement dans un contexte de restrictions budgétaires et de suppressions de postes toujours plus contraignant.

 Nous demandons concernant le dispositif 2017, l’attribution du même montant de 700 euros de manière égalitaire à tous les agents qui bénéficient de la prime de fin d’année.

 Pour les années à venir, nous demandons le maintien et la pérennité du dispositif de fin d’année tel qu’il existe depuis 2011 dans notre établissement. Ce dispositif est le fruit de mobilisations des personnels et porte des valeurs à caractère social dont la bibliothèque peut être fière, en attribuant des primes de fin d’année plus élevées aux rémunérations les plus faibles.

 Si en plus de la prime de fin d’année, un reliquat est disponible, nous demandons qu’il soit attribué à l’ensemble des personnels éligibles à la prime de fin d’année BnF en préservant son positionnement social et sans modulation en fonction de l’avis des chefs de service ».

Jeudi 11 janvier 2018  9h15, hall Est

*vous disposez d’une autorisation d’absence d’1h sur votre temps de travail pour vous rendre à cette réunion – décret du 28 mai 1982

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Recrutement direct de magasiniers/ères : Comment la direction bafoue ses engagements

Les résultats du recrutement direct de magasiniers/ères 2017 viennent de tomber avec 24 noms sur liste principale (prise de poste le 31 décembre 2017) pour 48 sur liste complémentaire (prises de poste peut-être courant 2018, voire après, sans engagement précis de la part de la direction). 1400 candidatures (internes et externes) ont été réceptionnées, et 290 ont été retenues pour l’oral. Si cet apport de 72 nouveaux/elles magasiniers/ères est en soit une bonne chose, il est du même niveau que le recrutement de 2015 et ce chiffre reste bien insuffisant par rapport aux 150 postes perdus sur cette fonction au cours des 10 dernières années.

Exclusion injuste de près de 20% des candidat-e-s internes dès l’admissibilité à l’oral. En juin 2017, suite aux sollicitations de notre organisation syndicale, la direction de la BnF annonçait que les modalités des précédents recrutements seraient bien reconduites cette année, à savoir en particulier l’admissibilité systématique des candidat-e-s internes à l’oral. Pour nous, cette modalité avait la valeur d’une reconnaissance des acquis professionnels de nos collègues déjà en poste. Malgré tout, le jury a décidé d’effectuer une pré-sélection parmi les candidat-e-s internes, les agent-e-s lésé-e-s (14 sur 72 internes) étant majoritairement des collègues de l’Accueil et des Vestiaires et des agent-e-s ayant peu d’ancienneté.

Une situation intolérable quand on constate une fois encore qu’il existe des sous-catégories de précaires dans notre établissement, notamment nos collègues des Vestiaires et de l’Accueil qui sont constamment relégué-e-s au second plan dès qu’il s’agit de leurs droits ou de leurs conditions d’emploi. En les empêchant sous des prétextes fallacieux d’accéder à l’oral de ce recrutement, le jury les a aussi privés de la possibilité de sortir de la précarité et de se stabiliser professionnellement, à l’encontre des préconisations de l’instruction de la ministre de la Culture de juillet 2015. Tout doit être fait pour qu’un semblable tri ne se reproduise pas lors des prochains recrutements directs.

Aucun volet interne réservé aux candidat-e-s BnF n’a été mis en place pour cette session 2017, alors que cette modalité a été gagnée grâce à la mobilisation des agent-e-s et en particulier des « vacataires » lors de la grève très suivie du printemps 2016. En effet, suite à des démarches bien trop tardives de la direction de la BnF envers sa tutelle alors que notre organisation syndicale n’a cessé de lui rappeler l’urgence de se saisir de ce dossier, le ministère de la Culture a botté en touche pour modifier le décret nécessaire à la création de ce volet, renvoyant donc ces démarches à des discussions ultérieures, sans garantie qu’elles aboutissent. La section SUD Culture de la BnF interviendra tant qu’il le faudra et à tous les niveaux nécessaires pour que cette revendication inscrite au protocole de fin de grève de juillet 2016 soit réellement mise en œuvre !

Le résultat ? Encore trop de « vacataires » laissé-e-s sur la touche !
Sur les 24 personnes admises sur la liste principale de ce recrutement, il y en a 14 de la BnF soit 58 % des admis-es. Pour ce qui est de la liste complémentaire, 16 des personnes admises sont de la BnF, soit 33% des personnes figurant sur cette liste complémentaire. En tout, cela fait 30 agent-e-s de la BnF sur les deux listes, soit 41 % des personnes concernées. Si ces résultats sont en progression par rapport à 2015, où le niveau d’agent-e-s BnF admis-es avait été particulièrement bas, il reste malgré tout en-dessous du niveau des recrutements de 2008 et 2009, qui n’était déjà pas fameux (50 % d’admis-es étaient des agent-e-s de la BnF) et donc loin de ce qu’il faudrait pour vraiment permettre une sortie massive de la précarité à la BnF. Notre organisation syndicale continue à réclamer que dans le cadre de la mise en place d’un volet interne lors de ces recrutements directs, 75 % des postes soient réservés aux candidat-e-s internes à la BnF.

Pendant ce temps-là, les contrats ultra-précaires de quelques mois se multiplient soi-disant dans l’attente de magasiniers/ères titulaires, la direction ne souhaitant plus remplacer les « vacataires » sur besoins permanents (CDI-110h/mois) sous prétexte de lutter contre la précarité. Pourtant, sans embauche massive de titulaires, nous savons qu’il est nécessaire de maintenir un certain volant de ces contrats. Car sans un nombre minimum de « vacataires », pas d’ouverture de la BnF le soir et le weekend, sauf à demander aux titulaires d’effectuer plus de samedis, ce à quoi notre organisation syndicale s’opposerait fermement. De toute façon, l’abus des contrats courts montrent bien la nécessité de ces agent-e-s, qui doivent être stabilisé-e-s sur des contrats en CDI.

Pour la section SUD Culture de la BnF, lutter contre la précarité, c’est : accorder à tous/tes les agent-e-s en place un passage à 110h (maximum légal par mois) et embaucher en CDI à chaque fois que c’est nécessaire, ce qui passe par reconnaitre tous les besoins permanents de la BnF ; se battre réellement pour la création de volets internes et aussi faire respecter les droits des « vacataires » dans tous les départements de la BnF, ce qui est toujours loin d’être une réalité à ce jour.

D’un point de vue plus général, la sortie de la précarité ne peut passer que par des embauches massives de titulaires dont nous avons tant besoin, et donc par l’organisation au niveau national d’un vrai plan titularisation de tous/tes les précaires de la fonction publique qui le souhaitent, sans condition d’ancienneté, de quotité horaire, ou de nationalité !

« Vacataire », ce n’est pas un métier ! Stop à la précarité !

précarité à la bnf

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Quadrilatère Richelieu : La direction doit revoir sa copie !

Une première année de fonctionnement chaotique :

Il y a un an, le quadrilatère Richelieu rénové rouvrait au public. Derrière la campagne de communication de la direction, qui a accompagnait cette réouverture, la réalité est bien plus sombre. En effet, les difficultés rencontrées s’accumulent et le déménagement a fortement éprouvé les agent-es. Ces derniers.ères ont d’ailleurs exprimé leur mécontentement à l’occasion d’une journée de grève, le 15 décembre 2016 qui a été massivement suivie. La mobilisation s’est soldée par une victoire avec l’obtention d’une prime exceptionnelle plus importante que prévue et de cinq jours de congés supplémentaires.

Alors que les agent-es ont réintégré des espaces rénovés, on aurait pu s’attendre à ce que leurs conditions de travail s’améliorent et qu’il/elles puissent enfin évoluer dans un cadre satisfaisant. En effet, pendant des années qu’ont duré les travaux de la zone 1, les agent-s ont continué de travailler dans des locaux vétustes, s’entassant dans des bureaux étroits, sans compter les circulations rendues difficiles au sein du site. L’espoir était grand de retrouver un cadre de travail décent.

Hélas, aujourd’hui encore, dans les espaces rénovés, les problèmes sont nombreux et usants pour le personnel : des températures inadaptées dans les espaces de travail et les espaces publics tout comme en magasin, des problèmes récurrents d’accès, une ventilation insuffisante dans certaines zones, des montes-charges mal conçus, des ascenseurs en panne, des circuits de circulation rendant la pénibilité du travail plus forte… sans oublier les inondations qui ont émaillé cette première année ! Pourtant les agent-es et les représentant-e-s du personnels ont fait remonter les difficultés, qui étaient prévisibles, sans qu’ils et elles aient été écouté-es ! C’est donc un bilan pour le moins négatif que l’on peut tirer de ces derniers mois.

Nos collègues de l’INHA subissent eux et elles aussi les mêmes conditions de travail dégradées et les mobilisations communes, comme celles qui ont pu se faire depuis un an, sont toujours nécessaires dans cette situation.

Un projet pour la réouverture complète du site qui s’annonce pire encore :

L’avenir que promet la direction au site de Richelieu-Louvois n’a pas de quoi rassurer non plus. En effet, le projet d’implantation n’a cessé de changer depuis le lancement des travaux sur le site en 2008. Et ces revirements de la direction n’ont eu que des conséquences négatives. Notamment, la décision de la direction de céder le bâtiment Louvois en 2013 et d’intégrer le département de la musique dans le quadrilatère, un espace déjà trop exigu pour les départements présents, alors que le projet de rénovation ne l’avait pas prévu, est totalement contestable. Notre section syndicale s’est d’ailleurs opposée dès le début à cette décision absurde, prise pour des raisons budgétaires sous la pression du ministère de la Culture et de France Domaine, qui veut réduire l’emprise de la BnF dans le quartier.

Lors du dernier CHSCT, l’ensemble des organisations syndicales s’est opposé, par un vote unanime contre, au nouveau projet de programmation des espaces présentés par la direction. En effet, les superficies dévolues aux « manifestations » et expositions ont augmenté de manière conséquente pendant que dans le même temps, les espaces affectés aux salles de lecture ont considérablement réduit et que le personnel est prié de se serrer dans les bureaux. À la problématique des espaces trop réduits s’ajoute celle d’une absence totale d’analyse des besoins de chaque département/service/agent-e pour l’aménagement des bureaux, espaces de stockage, salles de réunions, couloirs de circulation, type de mobiliers, aération en adéquation avec l’activité, etc. Toute un série d’analyse en amont nécessaire afin d’offrir de bonnes conditions de travail et conforme à la réglementation. Ceci permettrait d’éviter tous les problèmes que rencontrent aujourd’hui la zone rénovée, et les bricolages de dernières minutes effectués par la direction.
S’il est normal de faire apparaître l’aspect muséal du site de Richelieu, au regard de la richesse de ses collections, cela ne doit pas se faire au détriment de ses missions premières de conservation des documents et de leur communication dans de bonnes conditions.

De plus, si la gratuité d’accès à la salle ovale est en soit une bonne chose, il ne faut pas qu’elle devienne un simple lieu de passage, où se trouverait des gadgets, une cafétéria et quelques livres à destination de touristes égaré-e-s, mais qu’elle reste une vraie salle de lecture permettant de rendre accessible une partie des collections de la BnF, ce qui demande une réorientation de la programmation.

La mutualisation des salles lectures ne peut être une solution aux problèmes d’espace à Richelieu !

Cette programmation est peut-être d’ailleurs déjà obsolète puisqu’elle ne tient pas compte de l’instruction en cours de « mutualisation » des salles de lecture des Manuscrits et de la Musique. Nouveau revirement inattendu de la direction, qui a décidé que la « crypte », prévue initialement pour accueillir la salle de lecture de la Musique ne convenait plus. Lors du Comité Technique du 06 octobre dernier, notre section syndicale a interpellé sur ce sujet la direction, qui n’a pu apporter qu’une réponse évasive, confirmant cependant que l’étude était bien en cours. Une mutualisation de ces salles de lecture ne peut avoir comme conséquences qu’un accueil dégradé pour les lecteurs/trices et des conditions de travail tout aussi dégradées pour les agent-es. Par ailleurs, on ne peut que redouter que ce projet conduise de fait à une fusion des équipes de services publics, que ce soit au niveau de la présidence de salle ou au niveau de l’accueil et des banques de salle.

Dans le même temps, le manque d’espaces dans le quadrilatère entraîne un transfert de collections de plus en plus importantes à Bussy-Saint-Georges et donc la mise en place de navettes régulières qui sont loin de représenter une amélioration pour les magasiniers-ères.

Il faut converser le bâtiment de Louvois, remis en état, qui a été conçu dès le début comme un bâtiment pour le département de la Musique. Il faut augmenter les espaces pour les salles de lecture et les bureaux dans le quadrilatère. Il faut une vraie réflexion sur le système des navettes de collections, qui impliquent des conditions de travail difficiles pour les agent-e-s de magasinage et des circuits compliqués de circulation des documents.

1/12/2017

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Où est l’argent des primes ? Au ministère !

Le ministère de la Culture a décidé d’octroyer une prime de fin d’année aux agent-es titulaires rémunéré-es sur son budget : 330 euros pour les agent-es de catégorie B et C et 700 euros pour les agent-es de catégorie A, et rien pour les contractuel-les (excepté le mérite bien sûr pour les personnels à temps plein sur besoin permanent).

Le ministère de la Culture a décidé d’octroyer une prime de fin d’année aux agent-es titulaires rémunéré-es sur son budget : 330 euros pour les agent-es de catégorie B et C et 700 euros pour les agent-es de catégorie A, et rien pour les contractuel-les (excepté le mérite bien sûr pour les personnels à temps plein sur besoin permanent).

Notons que si on ne peut pas exactement parler de ministre des riches étant donné le piètre niveau de rémunération des catégories A de la culture par rapport aux autres administrations, Françoise Nyssen n’est assurément pas la ministre des pauvres ! Et on aimerait savoir ce qui justifie le versement d’une prime plus de deux fois supérieure aux agent-es ayant déjà le niveau de rémunération le plus élevé. Mais peut-être que les personnels en B et C ne sauraient que faire de toute cette manne, habitués qu’ils sont à vivre avec de faibles ressources !

Pour sa part, SUD Culture Solidaires considère que TOUS les personnels devraient bénéficier d’une prime de 700€, et pas seulement les moins bas salaires.

Quoiqu’il en soit, le ministère a considéré que les agent-es du Louvre n’étaient pas franchement concerné-es par cette histoire. En effet, comme d’habitude, les personnels rémunérés sur le budget des établissements publics administratifs (EPA) ayant une autonomie de gestion – tels que le Louvre et la BnF – n’ont pas été pris en compte : le ministère a fait le choix de ne pas augmenter les budgets des EPA à hauteur des primes annoncées.

Ces dernières années, le Louvre versait aux agent-es une prime de fin d’année à hauteur de ce qui est acté au niveau ministériel. Il se trouve que les marges budgétaires de l’établissement, autrefois confortables, le permettait. Ce n’est aujourd’hui plus le cas. Aux yeux du ministère, la conséquence pour les personnels est assez simple et ne le fait pas sourciller : pas assez de moyens, pas de prime de fin d’année en tant que telle. Le Louvre n’a pas une enveloppe budgétaire suffisante pour s’aligner, et cela parce que la subvention ministérielle ne cesse de décroître ? Et bien tant pis pour ses agent-es, ils et elles n’avaient qu’à être affecté-es ailleurs ! On passera sur les fantasmes encore affirmés lors d’une réunion au ministère le 24 novembre, à savoir que les agent-es du Louvre sont grassement payé-es par rapport à leurs collègues d’autres administrations du ministère de la culture, et donc en creux que l’absence de prime de décembre n’est pas bien gênant pour ces bourgeois-es. A cela SUD répond : chiche ! Comparons corps par corps et fonction par fonction et voyons si les agent-es du Louvre sont vraiment les nanti-es de la Culture. L’expérience nous en fait douter fortement…

Au final, les titulaires du Louvre de catégorie B et C percevront une prime de fin d’année à hauteur de 330€ (en raclant les fonds de tiroir de l’établissement), mais il n’y aura pas d’alignement pour les catégorie A, faute d’abondement de l’enveloppe budgétaire par le ministère. Que l’on se rassure, c’est pas si grave : il y a toujours les chèques cadeaux comme dit si bien le ministère !!

IFSE : circulez y’a rien à voir
Si la question de la prime de décembre et son traitement par notre ministère est une honte, pire encore est celle de la non-revalorisation du régime indemnitaire.

Ainsi, une augmentation de l’indemnité de fonctions, de sujétions et d’expertise (IFSE) à hauteur d’un 12ème de la prime annuelle devait être versée à tou-tes les agent-es titulaires dont le corps était passé au régime indemnitaire tenant compte des fonctions, des sujétions, de l’expertise et de l’engagement professionnel (RIFSEEP) (1). Les agent-es rémunéré-es par le ministère ont reçu cette revalorisation sur leur paie d’octobre avec une rétroactivité au 1er juillet 2017. Encore une fois les agent-es du Louvre et de la BnF sont évacué-es, le ministère ayant négocié avec Bercy et Matignon des enveloppes de rémunération qu’il n’a pas redistribué à l’ensemble des agent-es règlementairement concerné-es. Les établissements n’ont même pas été informés en amont des montants que cette hausse représentait (or sans information, point d’intégration dans le budget 2017 !).

Au total, cette escroquerie touche 1 266 personnes au Louvre (2).

Or ces personnels relèvent bien du périmètre du ministère de la culture, quand bien même ils sont affectés dans un établissement « T3 ».

Ce n’est pas la première fois que de telles inégalités de traitement sont constatées (ex: Prestations d’action sociale), et ça suffit !
Là encore, nous avons appris, lors de la réunion du 24 novembre, que le ministère n’envisageait initialement pas de procéder au rattrapage des sommes non perçues par les agent-es. Devant le courroux des syndicalistes SUD et CGT présent-es, le secrétaire général (ex administrateur général du Louvre) a indiqué que l’enveloppe devrait être évaluée avant tout engagement de l’administration ministérielle.
Lors du Comité Technique ministériel du 4 décembre, le cabinet de la ministre s’est engagé à se rapprocher de la direction du Louvre pour chiffrer la somme manquante et évaluer l’enveloppe nécessaire à rétablir l’égalité de traitement entre toutes et tous. Il fut précisé que nous connaitrions le résultat de cette démarche dans les jours à venir. C’est à souhaiter !!

SUD Culture étant déjà intervenu sur ce sujet lors du Comité technique ministériel du 27 septembre 2016 (3) et ayant constaté que les engagements pris par le ministère n’ont pas été tenus, nous attendons plus que des déclarations d’intention et exigeons une réponse écrite et des engagements financiers chiffrés, et ce dans les plus brefs délais. Car en plus d’une arnaque flagrante, nous ne sommes pas loin de penser que la prime du « ministère » se fait en partie avec l’argent des agents du Louvre…

Projet de Loi de finances 2018
Dans ce contexte extrêmement tendu, ajoutons l’annonce par le ministère d’un « plan de rattrapage indemnitaire 2018-2022« . La somme obtenue au projet de loi de finance est de 7 millions d’euros pour 2018. Les deux axes retenus par l’administration pour ventiler cette enveloppe sont :

 le rattrapage par rapport aux autres départements ministériels (donc vraisemblablement la filière administrative, et plutôt A/A+),

 le rattrapage des inégalités au sein du ministère (entre filières et égalité femmes/hommes).

Si la volonté affichée de réduire les écarts entre les différents métiers (techniques, scientifiques, enseignement…) est à saluer, la concrétisation de ces annonces sera à surveiller : en acte, l’égalité de traitement ne semble pas franchement être la tasse de thé de notre ministère. Les personnels du « T3 » seront-ils cette fois réellement pris en compte dans la politique de hausse des rémunérations, ou s’agit-il encore une fois d’annonces globales pour financement partiel et partial ?

L’histoire nous amène à douter fortement de l’intégration des agent-es du Louvre dans le processus si nous ne maintenons pas la pression sur la tutelle. Aussi nous l’avons martelé le 4 décembre dernier (lors du CTM) au cabinet de la ministre : il n’est pas question que les personnels du T3 servent encore une fois à augmenter l’enveloppe budgétaire du ministère sans que les agent-es bénéficient des revalorisations annoncées.

SUD Culture exige :
▪ le rattrapage total des sommes dues au titre de l’IFSE depuis le 1er juillet 2017,
▪ la pérennisation de cette enveloppe dans le budget du Louvre,
▪ l’intégration des personnels du Louvre, des Tuileries et du Musée Delacroix aux mesures indemnitaires prévues pour 2018/2022, et ce dès 2018 !
A l’heure où le ministère envisage de généraliser le statut des EPA en autonomie de gestion (cf. CAP 2022), il ferait bien de faire preuve d’un minimum d’équité et de prendre garde : les agent-es du Louvre ne sont pas si éloigné-es des ors de la République et n’ont que deux rues à traverser pour se trouver sous les balcons de la rue de Valois.
Et que cela soit entendu : ils et elles ne se contenteront pas de brioches !

Paris, le 8 décembre 2017

A suivre : primes, tract 2 : la politique indemnitaire au Musée du Louvre


(1) note du secrétariat général du ministère de la culture du 17 juillet 2017
(2) source : bilan social 2016 du Musée du Louvre
(3) Extrait du PV du CTM du 27 septembre 2016 :
« SUD Culture solidaires demande s’il est prévu de revaloriser la subvention pour le T3.  
M. Christopher MILES répond que les agents en T3 est de 11 % à 33 % plus favorable en termes de régime indemnitaire. […] S’agissant du Louvre, si les ajustements de subventions doivent être effectués dans les années à venir au cas où le RIFSEEP serait trop élevé, la situation sera examinée avec la Direction Générale des Patrimoines. Quoi qu’il en soit, les personnels Louvre ne doivent pas être défavorisés par rapport aux autres personnels de l’administration centrale dans le cadre de la réforme et de la revalorisation du régime indemnitaire. « 

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